LES CHEVRONS


Aller au contenu

Menu principal:


ESSAI CITROËN C-ZERO AIRDREAM - LA CONDUITE

LES ESSAIS DES CHEVRONS > CITROËN C-ZERO AIRDREAM

10/07/2011 - az


Note: 8,00 / 10


Les supercars qui suscitent l'impatience de les soumettre aux épreuves de la route sont habituellement surpuissants et inaccessibles pour le commun des mortels. Notre " bolide " du jour, la CITROËN C-Zéro, n'a aucune de ces qualités, mais elle réveille en nous autant de curiosité. Par le simple fait qu'elle soit intégralement électrique, on a hâte de la découvrir en action.

On est presque déçu en constatant qu'il n'y a rien de moins spectaculaire que démarrer une C-Zéro. On monte dedans, on tourne la clé comme d'habitude…, c'est tout ! Un gong retentit et sur le tableau de bord s'affiche le mot " Ready ". Sinon rien - aucun bruit, aucune vibration, la zenitude totale ! Le sélecteur de la boîte de vitesses a quatre positions : P - R - N et D. On place le levier sur
'Drive' et le tour est joué. Comme une voiture classique équipée d'une boîte automatique, la C-Zéro commence à ramper doucement, mais dans le silence le plus absolu. En appuyant sur l'accélérateur, le voyage s'accélère considérablement. En effet, dans la manière d'un scooter, la puce électrique est capable d'accélérer vigoureusement grâce au couple généreux de son moteur électrique. Les 180 Nm sont disponibles en continu dès que l'on se met en mouvement. Au départ d'un feu rouge, cette particularité peut surprendre plus qu'un. Nous avons croisé des conducteurs de berlines puissantes qui restaient bouche bée face aux départs canons de la CITROËN C-Zéro. Comparé avec une CITROËN C1 à moteur essence, c'est le jour et la nuit !


Une fois la vitesse de croisière atteinte, la C-Zéro n'a aucun mal de suivre les flux de la circulation. En ville, sur route et même sur une rocade, jamais on ne se sent sous-motorisé derrière son volant. Évidemment, au-delà des 110 km / h les prises de vitesse deviennent moins fulgurantes, mais on atteint sans trop peiner la vitesse maximale de 130 km / h si on veut à tout prix s'aventurer sur une autoroute.

Les performances sont une chose, les sensations au volant une autre. Ce qui marque avant tout, c'est le silence qui règne à chaque instant à bord de la C-Zéro. Le moteur électrique n'émet vraiment rien qu'un petit sifflement, ce qui rend les modestes bruits de la ventilation, de roulement et d'air un peu plus présent quand on quitte la ville.

Dans la circulation urbaine, la plus petite CITROËN est un vrai régal. C'est inattendu, mais on s'amuse à son volant. On profite de la puissance toujours disponible de son moteur..., on se faufile entre les voitures..., on saute dans le moindre trou de souris en profitant d'une direction légère, mais directe et très précise... Dans ces circonstances, la C-Zéro donne le sourire ! Comme on est installé en hauteur dans un véhicule étroit, les sensations au volant dans la circulation extra-urbaine sont un peu moins excitantes. Le mauvais maintien latéral des sièges ne rassure pas vraiment et - même si on ne risque strictement rien - on craint le tonneau au moindre virage abordé un peu rapidement.

Dans les grands ronds-points, on s'impose donc un rythme assez calme même si le comportement de la microcitadine permettait une conduite assez dynamique. En effet, les batteries et organes mécaniques rassemblés en-dessous du plancher, confèrent à la C-Zéro un point de gravité très bas. Cela permet de la mener comme un kart - sous condition de faire preuve d'un peu de courage...

Ce sont les pneus à faible résistance (175 / 55 R 15 à l'arrière) qui mettent un terme à ce jeu. D'une largeur très réduite à l'avant (145 / 65 R 15), ils commencent à glisser tout droit assez tôt ! Une particularité qui s'accentue encore sur route mouillée. Comme l'ESP de série veille en permanence, cette tendance de la C-Zero d'élargir la trajectoire est plus désagréable que dangereuse, mais on se calme assez rapidement. Sa sensibilité prononcée au vent latéral est un autre désavantage de la hauteur disproportionnée de la C-Zéro par rapport à sa largeur. Mieux vaut bien tenir le volant quand on est sur le point de terminer le dépassement d'un semi-remorque sur une rocade. Les remous d'air provoqués par le tracteur secouent la minuscule C-Zéro dans tous les sens...

Au chapitre du confort, la CITROËN C-Zéro, suspendue fermement, n'est pas un exemple de douceur. Les plus grosses irrégularités de la route sont répercutées parfois assez sèchement. À basse vitesse, la route est correctement lissée et sur une rocade, on peut même parler d'un certain confort. En ville par contre, le terrain de jeu préféré de la C-Zéro, les débattements faibles des suspensions et l'amortissement raide provoquent de désagréables sauts sur les ralentisseurs et dos d'ânes qui fleurissent un peu partout.


L'autonomie - le sujet crucial !


En route, la CITROËN C-Zéro fait donc plutôt bonne impression. Ce ne sont bizarrement pas ces impressions positives qui prennent le dessus derrière son volant. Probablement c'est une question d'habitude, mais la préoccupation première à bord de la C-Zéro est la peur de la " pile faible ". La menace de l'enclenchement du " mode tortue " (puissance drastiquement réduite, autonomie restante 1 à 2 km à très faible allure une fois les sources d'énergie presque vidées) plane comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du conducteur.

On se surprend, de scruter en permanence l'indicateur de l'autonomie restante. Chaque fois que l'on réussit avec brio d'anticiper un ralentissement en levant le pied droit à temps, on constate avec bonheur le gain de quelques kilomètres supplémentaires. Le système de récupération d'énergie au freinage est efficace, seul son effet de frein peut dérouter au début. Quand on constate au contraire que le capital en kilomètres fond à vitesse grand V lors d'une accélération un peu franche, l'inquiétude granit. Traduit dans un véhicule à moteur thermique, on peut comparer ce sentiment avec l'impression de rouler sans cesse avec le témoin du niveau de carburant allumé. Nous souffrons certainement d'un manque de confiance, mais à la longue, c'est oppressant !


CITROËN promet pour la C-Zéro une autonomie théorique de 130 à 150 km. Pour parcourir une telle distance sans ravitaillement, il faut sans doute un itinéraire parfaitement plat et des conditions favorables avec une circulation fluide, régulière et ne pas trop rapide (...et un peu de vent arrière). Dans la réalité, on atteindra plutôt entre 80 et 110 km. Tout dépend fortement de la manière de conduire. Beaucoup d'anticipation et un pied droit très léger aide à éviter au maximum le secteur " Power " de l'afficheur du mode de fonctionnement. On préserve ainsi les batteries, mais il faut alors composer avec des accélérations molles. Quand on suit comme d'habitude le flux de la circulation en accélérant normalement profitant de toute la puissance du moteur, l'autonomie réaliste tombera à environ 80 km.

Ensuite il faut tenir compte du fait que faire fonctionner certains équipements d'agrément (climatisation, chauffage…) soit dévastatrice pour les batteries. L'utilisation de la climatisation réduit le rayon d'action d'environ 25 %. En ville, dans un bouchon sous le soleil, on rit jaune : à bord de la C-Zéro, on n'émet aucun gaz polluant, mais on est contraint d'en respirer beaucoup parce qu'on roule les vitres baissées pour éviter l'air conditionné. Sous une pluie hivernale, c'est encore pire. La ventilation, le désembuage et le chauffage (résistances pour chauffer l'eau…) en marche, le phares allumés et l'essuie-vitre en fonction : 45 % des capacités des batteries seront sacrifiées pour conserver la sécurité et un agrément minimal. L'autonomie de la CITROËN C-Zéro peut alors tomber à moins de 50 km !


En résumé : rouler tous les jours la conscience écologique complètement tranquille, sans se préoccuper de l'autonomie et sans sacrifier le confort d'une citadine moderne auquel nous nous sommes tous attachés est possible avec la CITROËN C-Zéro,

  • sous condition que la distance à parcourir journalièrement n'excède pas 50 à 70 km,
  • sous condition que le trajet ne comprend pas trop d'autoroute, et
  • sous condition que l'on dispose d'une prise standard sur le lieu de travail ou à proximité de la place de stationnement à domicile.


Beaucoup de contraintes qui réduisent le nombre d'utilisateurs potentiels. Même si le progrès réalisé dans les dix dernières années est énorme, il reste encore insuffisant pour le nombre toujours grandissant de personnes qui habitent de surcoût de plus en plus loin de le lieu de travail.

ACCUEIL | L'ACTUALITÉ CITROËN | LES ESSAIS DES CHEVRONS | LA GAMME CITROËN | LES TARIFS ET LES OPTIONS | LES FUTURS MODÈLES | LES CONCEPT-CARS CITROËN | LA MARQUE CITROËN | LE PASSÉ DE CITROËN | LA BOÎTE AUX LETTRES | LE CERCLE DES CHEVRONS | LE BLOG DES CHEVRONS | LES LIENS | LES ARCHIVES | ÉDITORIAL MENTIONS LÉGALES | Plan du site

Rechercher

Revenir au contenu | Revenir au menu